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MessageSujet: Skye Daily + She hides away like a ghost. Mar 3 Jan - 11:54
Skye Daily

Elizabeth « Skye » Daily

I walk through the valley of the shadow of death. And I fear no evil because Iḿ blind to it all. And my mind, my gun they comfort me, because I know I'll kill my enemies when they come.


Surnom : elle n’en a pas, son pseudonyme est déjà assez court comme ça, non ? Car oui, Skye est un pseudo. Le nom qu’on lui a donné lorsqu’on l’a trouvée aux portes de l’orphelinat était bien plus banal. Elizabeth. N'y a-t-il pas plus ordinaire qu'Elizabeth ? Ah non, vraiment, elle ne l’aimait pas, ce nom. Alors, quand il a été question de changer de vie, elle s’est dit que, tant qu’à faire, le mieux était encore de changer de nom aussi. De toute façon, elle ne s'était jamais pleinement sentie Elizabeth.
Âge et Lieu de Naissance : trente ans, il paraît. Elle ignore bien où elle est née, elle ne sait même pas sa date de naissance officielle. Les sœurs ont choisi son jour d’arrivée pour jour de naissance, soit un 16 février. Et puis, elle se dit qu'elle doit être née à Boston, puisqu’elle a été déposée dans un orphelinat de là-bas.

Situation familiale : célibataire, même si elle aurait souhaité que ce ne soit pas le cas. A plusieurs reprises, elle a bien cru que sa situation allait évoluer. Que les hommes avec qui elle était allée oublier l’époque dans lequel ils vivaient pendant une seconde pour lui faire leur demande. Ça n’a jamais été le cas. Au début, ça la rendait dingue. Elle avait une sorte d’obsession du mariage, un fétichisme de l’alliance qui la poussait à se remettre en question, à chaque fois que les choses allaient plus loin avec un homme. Peut-être n’était-elle tout simplement pas suffisamment qualifiée pour être une « femme de » ? Et puis d’abord, y avait-il seulement des prérequis ? En tout cas, si c’était le cas, elle n’en avait jamais entendu parlé. Mais forcément, ça la travaillait. Quand on (sur)vit avec un homme pendant des mois, il arrive bien un moment où on se demande si ce n’est tout simplement pas l’homme de notre vie. Elle se le demandait, elle. A chaque fois. La réciproque aurait dû être vraie. Elle ne l’était pas. Et systématiquement, elle finissait par se retrouver seule. Aujourd’hui, cependant, sa vision du mariage a changé. Elle veut toujours d’une relation exclusive et bien sûr qu’elle cherche encore l’amour d’une vie, c’est dans sa nature d’être une amoureuse optimiste, mais elle prête moins attention au contrat qui vient avec. Parce que finalement, faut-il réellement une bague au doigt pour prouver qu’on est heureux à deux ?
Orientation sexuelle : hétérosexuelle, la question ne s’est jamais posée et peut-être ne se posera-t-elle jamais.

Particularités : parce qu’elle danse depuis qu’elle est gamine, Skye a développé une souplesse qui s’avère bien pratique lorsqu’il s’agit d’en venir aux poings. Elle n’a peut-être pas une grande force, mais en tout cas, elle esquive comme personne. ○ la dureté de sa vie est ancrée en elle, ainsi, elle possède plusieurs cicatrices dont une plus grande que les autres dans le bas du dos, vestige d’une lutte à mort.
Habitudes : tombe amoureuse au premier regard ○ accorde trop facilement sa confiance ○ passe son temps à s’inquiéter pour Joël et Ellie ○ évite de dire des gros-mots et ne peut s’empêcher de faire les gros yeux quand les deux leaders en disent ○ materne trop les personnes plus jeunes qu’elle.

Faction : Sanctuaire
Fonction/Métier : infirmière improvisée depuis son arrivée au sanctuaire, elle a appris sur le tas, durant ses voyages. Si elle apprécie de pouvoir aider, mieux que lorsqu’elle était danseuse ou potiche de service, elle aimerait en faire plus. Elle aimerait pouvoir participer aux raids ou au moins, qu’on lui propose, histoire de lui faire savoir qu’on ne la prend pas pour un boulet. Parce qu’elle sait se défendre, même si ce n’est pas l’image qu’elle a donné d’elle la première fois que Joël et Ellie l’ont vu. Elle a réussi à survivre jusqu’à présent, après tout, c’est bien la prendre qu’elle n’est pas aussi gourdasse qu’on semble le croire.

Avatar : Summer Glau
Credit : shiya, rosewins & tumblr.

Inventaire


Armes : un scalpel « emprunté » au sanctuaire, qu’elle garde toujours sur elle, sait-on jamais. Elle a également gardé l’arme que lui a donnée Joël lorsqu’ils se sont enfuis de la secte. Il est caché sous son oreiller, à l’abri des regards indiscrets. Autrement, elle aime à croire que tout peut devenir une arme lorsque la situation l’oblige.
Objets rares, utiles ou inutiles : elle a tout ce qu’il lui faut à l’infirmerie du sanctuaire, mais est connue pour toujours trimballer de l’eau plus ou moins potable dans une gourde. Elle en offre volontiers à ceux qui en ont besoin.

Possession(s) plus personnelle(s) : de chaque homme important qu’elle a rencontré, elle a gardé un petit souvenir. La plaque de métal d’un soldat, la balle porte-bonheur d’un trafiquant, le briquet d’un brigand ou encore la chevalière d’un cultiste… la plupart de ces objets sont inutiles, mais d’une certaine façon, il l’aide à faire face. Ils lui rappellent tout ce qu’elle a enduré pour arriver au sanctuaire, pour être plus ou moins en sécurité et la maintiennent ancrée dans la réalité. ○ gamine orpheline, elle n’a gardé de sa mère qu’un vieux pendentif sans aucune photo à l’intérieur, qui a toujours orné son cou.

Véhicule(s) : aucun. Elle a bien eu une moto, à une époque, mais ce n'était pas la sienne et son propriétaire s'en est servi pour lui sauver la vie, alors...

Ange ou Démon ?

Fleur bleue – Douce – Protectrice – Optimiste – Battante – Têtue – Naïve sur les bords – Impulsive – Débrouillarde – Altruiste – Curieuse – Maladroite (surtout en présence d’une certaine personne) – Extravertie – Secrète.

Alors qu’elle était encore dans son petit cocon, parmi les autres survivants d’une zone de quarantaine et que son seul problème était de trouver la bonne tenue pour plaire à ces messieurs pour qui elle dansait, Skye était le parfait cliché de la godiche fleur bleue accrochée à ces contes de fées et à ce prince charmant, celui-là même qui n’existe que dans nos rêves. A cette tendre époque, il n’y avait personne de plus doux ou délicat qu’elle. Elle était la tendresse incarnée, une parfaite petite fleur des champs, jolie et épanouie, comme on n’en trouve plus. Ah ce qu’elle aurait aimé que les choses restent ainsi ! Qu’elle continue à être bercée d’illusions, à chercher son prince parmi tous les soldats qu’elle divertissait, chaque soir. Car la plupart du temps, il s’agissait de soldats. Néanmoins, elle n’aurait pas dit non à un survivant, quel qu’il soit. Elle avait d’ailleurs jeté son dévolu sur l’un d’entre eux. Le mauvais, évidemment. Parce qu’elle avait le chic pour les choisir. En même temps, elle est comme ça, la petite Skye. Droguée à l’amour, obsédée par ce prince charmant, désespérée au point de le voir partout, même là où il ne faut pas. La quête de l’amour véritable a pris une telle ampleur qu’au final, ça n'a plus un passe-temps, c’était une nécessité. Elle avait besoin d’un homme pour vivre. Ou au moins, pour être heureuse. A croire que seule, elle était incapable de s’épanouir. Quelle idiote ! Mais elle était naïve et si seule, c’était dangereux. Un cocktail explosif qui faisait d’elle la parfaite cible des personnes les moins bien intentionnées. Ainsi, elle est tombée sur le pire et jamais sur le meilleur. De conquêtes en conquêtes, elle s’est retrouvée dans les situations les plus improbables. Et s’est découverte une âme de battante. Une débrouillardise qu’elle ne croyait pas avoir. Car elle survivait. Bien que seule, bien que blessée, elle survivait. Elle n’avait pas besoin d’un homme, c’était dans sa tête tout ça. Elle a fini par le comprendre, de la manière la plus violente qu’il soit. Sauf que, si elle l’avait compris, cela restait difficile à appliquer. Les vieilles habitudes ont la vie dure. Alors elle a continué à suivre des hommes qui lui promettaient monts et merveilles. Pendant un temps, du moins. Jusqu’à ce qu’elle se retrouve dans une situation désespérée. La pire de toute. Celle-là même qui a manqué de lui faire perdre foi en l’humanité. Et pourtant, la tâche était ardue. Il n’y a pas plus optimiste que Skye. Toujours à trouver le bon là où n’importe qui ne verrait que le mauvais. Mais oui, il est bien arrivé un moment où Skye a cru perdre pied. Où la peur a pris le dessus sur tout. Où elle a cru que pour elle, c’était la fin. Et puis, elle a eu son signe d’espoir en enfer. On lui a accordé une seconde chance. Une chance de changer. De se montrer sous un meilleur jour. Et elle a saisi cette opportunité. Aujourd’hui, alors que le sanctuaire est devenu son refuge, Skye a décidé de ne plus être passive. Elle ne veut plus rester là, à espérer que les choses s’améliorent ou qu’on finisse par trouver un remède. Non, ce qu’elle veut, c’est aider. Elle a compris que, si elle veut que les choses changent, elle doit se bouger et arrêter de vivre dans l’illusion d’une vie meilleure. Et quoi de mieux, pour aider, que de mettre en pratique ce qu’elle a appris sur les routes en s’improvisant infirmière ? Comme quoi, la curiosité paie parfois. Sans cela, elle n’aurait jamais cherché à en apprendre plus sur l’anatomie humaine et n’aurait pas pu offrir ses services. On lui aurait sans doute accordé une place dégradante, comme à l’époque où la seule chose qu’elle savait faire, c’était de danser. Quoi qu’elle n’y croit pas. Joël et Ellie sont du genre à trouver une utilité à tout le monde. Ils ne l’auraient jamais collé au poste de danseuse dans le milieu de la nuit. Mais là encore, peut-être a-t-elle juste une trop grande opinion de ces deux-là ? Ce serait bien son genre. D’autant plus qu’elle est très attachée à la gamine, qui n’en est plus vraiment une. Protectrice, même un peu trop. Elle ne cesse de s’inquiéter pour Ellie et refuse qu’on lui fasse le moindre mal. D’ailleurs, si c’était le cas, elle ne sait pas ce dont elle serait capable. Et c’est encore pire avec le plus âgé. Car si Ellie compte énormément pour Skye, son affection pour Joël est telle qu’elle craint pour sa santé mentale. Ce n’est pas sain de s’inquiéter autant pour une personne. Et puis, ne s’était-elle pas promis de ne jamais plus s’attacher autant à un homme ? Eh bien, il faut croire qu’il y a des choses qui ne changeront jamais.

Choses à savoir

Ce n’est un secret pour personne, mais Skye est du genre à facilement tomber amoureuse. Trop facilement, certains diraient et ils auraient raison. Car, par amour, la demoiselle a été capable de faire pas mal de trucs dont elle n’est pas fière. Des plus basiques, alcool, drogue ou vol, à des choses beaucoup moins orthodoxes, notamment une tentative de meurtre, le passé amoureux de la jeune femme est très tumultueux. De ce fait, des secrets, elle en a. Des tas. Et on a beau dire tout ce qu’on veut sur elle, elle n’est pas du genre à révéler ce genre de dossiers confidentiels à qui que ce soit. ○ Elle jurera simplement à qui veut l’entendre, que jamais plus elle ne touchera à une seule petite pilule blanche. Parce que loin de vous envoyer dans un monde merveilleux, elle vous transporte plutôt vers le pays des cauchemars, surtout quand l’effet s’estompe et que votre tête devient une discothèque. ○ D’ailleurs, quitte à prendre de bonnes résolutions, autant mettre l’alcool dans le lot. Les femmes qui tiennent l’alcool sont badass. Elles en imposent et vendent du rêve à celles qui, comme Skye, en sont incapables. Car oui, la jeune femme n’est jamais aussi dangereuse que lorsqu’elle est ivre. Et elle l’est aisément. Deux petites bières peuvent faire des ravages. Sa langue se délie alors et elle balance sans la moindre hésitation tout ce qu’elle a sur le cœur. Pire encore, elle n’a plus aucun tabou et en devient parfois vulgaire. Si bien qu’au final, après avoir décuvé, elle se retrouve dans des situations délicates où elle doit se justifier auprès des autres, tout en affrontant sa propre honte de son comportement. Donc oui, il serait bon qu’elle évite l’alcool, à présent. Même si les hommes prétendent qu’il n’y a rien de mieux pour s’amuser. ○ En fait, il serait même judicieux de sa part d’arrêter d’écouter les hommes, d’une manière générale. Ils te laissent toujours dans la pire des galères, avec leurs idées. Aller dormir dans un motel abandonné alors que le pays est infesté de rôdeurs, quelle bonne idée ! Et on s’étonne encore d’en trouver au réveil, hein. Pire encore, on est capable d’abandonner notre compagne de route pour sauver notre peau. Ce « on » ne manque pas de toupet. Raison de plus pour ne pas l’écouter. ○ Et je crois qu’on a fait le tour des addictions ou anciennes addictions de Skye. Drogue, alcool, amour… à cela, on pourrait éventuellement ajouter le sexe. Mais pas celui d’un soir, bien trop rapide pour y accorder de l’importance. Pas non plus celui désespéré, juste pour combler un besoin naturel. Non, si elle vous parle de sexe, Skye vous parlera de celui passionné. Celui de deux accros en manque. Celui de deux êtres en quête du septième ciel. De celui-là, elle est aussi accro, oui. ○ Outre ses tumultes avec les substances addictives et dans un autre registre, il est bon de savoir que Skye a une très bonne mémoire des détails. Elle pourra vous décrire les sonorités de la voix d’une personne pendant de longues minutes, sans être capable de se rappeler de son prénom, par exemple. Heureusement, la mémoire, c’est comme tout, ça se travaille. Et avec le temps, elle s’améliore. Grâce à des moyens mnémotechniques notamment. Si bien qu’à force, elle commence même à développer une excellente mémoire auditive.

black pumpkin




Derrière l'écran
Pseudo : chrysalide.funèbre
Âge : vingt-et-un ans.
Pays : France
Fréquence de connexion : 4/7j
Inventé ou scénario : scénario
Nous autorises-tu à le remettre en jeu ? Oui
Commentaires : C'EST REPARTI ! Sinon, je me suis permise de modifier l'âge de Skye, parce que Summer a 35 ans maintenant et que 28 ans, ça me semblait un peu jeune pour la jouer. Je lui ai aussi mis un autre prénom, qu'elle n'utilise plus, c'est juste pour l'anecdote. J'espère que ça ne pose pas de problème ?  hope Je posterai la suite sûrement courant de la semaine.
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Qui es-tu ?
Age du perso :: trente ans.
Métier :: Ancienne danseuse de la nuit devenue infirmière.
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MessageSujet: Re: Skye Daily + She hides away like a ghost. Mar 3 Jan - 11:54
Skye Daily

Mon passé me rattrape...




Prologue - Don't try to reach me I wanna fly.

« Et tu as entendu Elizabeth ? Elle veut devenir danseuse. » la gamine se souvient d’avoir entendu une des Bonnes Sœurs parler de la sorte à une autre, alors qu’elles étaient dans le couloir. A sa façon de dire la chose, Elizabeth a bien compris qu’être danseuse n’est pas bien vu par les femmes de l’Eglise. D’ailleurs, la seconde n’a pu s’empêcher de renchérir : « Une danseuse ?! Une Salomé, oui. Il n’y a aucune perspective d’avenir là-dedans, à part dans le milieu de la nuit, à ce que j’ai entendu dire. » Evidemment, il a fallu qu’elle compare l’enfant ingénu à la tentatrice de la Bible. Une danseuse, tout comme elle. Sauf que c’est différent. Liz n’a que cinq ans, elle n’est encore qu’une gamine innocente. Et comme chaque enfant, elle voudrait faire de sa passion, son métier. Plus facile à dire qu’à faire, surtout quand on est élevé dans un milieu aussi sectaire. Peut-être que tous les orphelinats dirigés par des Sœurs ne sont pas comme celui de Boston, peut-être que dans d’autres endroits, on leur autorise de rêver. Ici, cependant, ce n’est pas le cas. Néanmoins, Elizabeth n’a jamais aimé faire les choses comme les autres. Ce qu’on lui interdit, elle ne peut s’empêcher de le faire. Un très mauvais vice, d’après la Mère Supérieure, un truc qui finira par lui causer du tort. Sauf qu’en attendant, elle n’a que cinq ans et est bien incapable de voir les limites d’un tel comportement. Au contraire, elle est persuadée que désobéir est une bonne chose, que ça peut vous pousser à vous dépasser, à vous battre pour ce que vous voulez. Et puis, il y a quelque chose d’excitant à ne pas respecter les règles. Alors oui, on lui interdit de rêver et c’est pourtant ce qu’elle fait, chaque soir. Elle se pose à la fenêtre et regarde les étoiles, s’imaginant que la plus brillante est la sienne. Qu’elle réalisera tous ses vœux, comme dans le conte de Pinocchio que Sœur Annabelle lui a raconté. La seule à peu près saine d’esprit dans cet asile. Et ce soir ne fait pas exception. Alors que les autres filles dorment, alors que les Sœurs quittent le couloir, Elizabeth est toujours assise au bord de la fenêtre. Et elle prie pour qu’on exauce son souhait. Son seul et unique souhait. Trouver une famille à son tour, comme tant d’autres fillettes de l’orphelinat.

*****

Peut-être que c’est parce qu’elle n’a cessé de faire ce souhait pendant deux ans que les choses ont fini par changer. Pas comme elle l’aurait espéré, cependant. Non, elle ce qu’elle voulait, c’était être une de ces chanceuses qui tapent dans l’œil des parents à en devenir. Elle s’imaginait déjà accueillie dans une famille unie. La mère aurait voulu une fille, une gamine coquette à souhait qu’elle aurait pu habiller comme une poupée. Le père aurait voulu un garçon, mais aurait fait une concession, du moment que l’enfant était sportif. Elizabeth aurait été sa petite danseuse. Malheureusement, comme tout dans la vie, les souhaits finissent par vous décevoir. Celui-là n’a pas fait exception. Ce soir-là, Elizabeth est toujours installée à la fenêtre. Tout est calme, les autres filles sont endormies, les Sœurs aussi depuis le temps. La nuit est noire, elle n’a jamais été aussi sombre qu’aujourd’hui. On ne distingue même pas les étoiles. A cet instant, elle devrait déjà voir les signes. Quelque chose de terrible se trame. Ça commence par un cri. Ça commence toujours par un cri. Celui-ci perce le silence de la nuit, avant d’être suivi par quelques autres. Ils sont si éloignés qu’Elizabeth pense les avoir rêvé. Et puis, elle en entend un autre, plus proche. Dans la foulée, une explosion retentie et de la fumée se dégage non loin de l’orphelinat. Aussitôt, la porte de la chambrée s’ouvre à la volée et Sœur Annabelle arrive. « Liz, réveille les autres, nous devons partir. » Sa voix est calme, mais son regard trahit la panique qu’elle tente de voiler. Elle ne veut pas que les enfants s’inquiètent. Et pourtant, ils auraient toutes les raisons du monde de le faire. Comme demandé, Elizabeth réveille chacune de ces camarades, Mary la première. En même temps, elle est ce qui se rapproche le plus d’une amie, pour la danseuse. Elle est pourtant plus âgée, mais n’a jamais perdu son innocence enfantine. C’est bien la seule qui pousse Elizabeth à croire en ces rêves. Cependant, ce soir, Mary est comme les autres. Elle a bien compris que l’heure n’est plus au rêve. Et elle le comprend encore plus en sortant de l’orphelinat. Une odeur de métal et d’essence embaume l’air, créant une atmosphère angoissante. A l’appelle, il manque quelques enfants. La Mère Supérieure désigne des Sœurs pour emmener ceux déjà présents à l’abri. « Mais où ? » demande l’une d’entre elle, à juste titre. Elle a raison. La ville entière semble en feu. Où pourraient-elles trouvé refuge ? Aucune réponse n’est donnée par Mère Giselle. Elle n’en a pas le temps. Soudain, un groupe de personnes arrivent et la Mère Supérieure se décide à les aborder, pour leur demander un rapport sur la situation. Plusieurs ont l’air blessé, ils semblent plus se traîner qu’autre chose. Et alors que Mère Giselle arrive à leur hauteur, on l’entend pousser un cri avant d’être attrapée par l’un des inconnus. Elizabeth ne voit pas ce qu’il se passe, l’une des Sœurs se met devant elle. Ce n’est pas un geste de protection, elle a simplement reculé devant la vision d’horreur qui se présentait à elle. Celle-ci est telle que l’ordre laisse place au chaos. Les enfants se mettent à courir, tout comme les Sœurs. Liz choisit de suivre le mouvement et, repérant Mary dans une ruelle, décide de prendre la même direction qu’elle. Seulement, elle est bien vite distancée par la plus rapide de l’orphelinat. Elle se retrouve alors perdue dans une allée. Entendant des bruits de pas, elle n’a d’autre choix que de se cacher derrière une benne et prier sa bonne étoile. Celle qui ne l’a jamais entendu jusque-là. Celle qui, alors que tout espoir semble perdu, se décide à se manifester. « Eh Chef, y a une gamine ici. » Elizabeth lève la tête pour apercevoir un type vêtu d’une tenue kaki. Un militaire. Pendant un instant, Liz pense qu’elle est en sécurité. Mais son espoir est de courte durée, car elle remarque que l’homme pointe son arme en sa direction. Le dénommé Chef arrive à ce moment et fait signe à son collègue de baisser ladite arme. « Mais les ordres… » essaye de contester le type. « Je m’en fous des ordres, Eric ! Tu vois bien qu’elle n’est pas comme… ces choses. » Il tend alors sa main vers Elizabeth et celle-ci se sent aussitôt apaisée. Elle sait qu’elle est en sécurité, à présent. « Tu t’appelles comment ? » lui demande le fameux « Chef ».  « Elizabeth. » qu’elle répond, entre deux hoquets. « Eh bien, Elizabeth, tu vas venir avec nous, d’accord ? Je te promets que ça va aller. Si tu nous suis, tu ne seras plus jamais seule. » Et évidemment, en entendant ça, Elizabeth le croit. Sauf que c’est un mensonge. Le premier d’une longue liste.


Première partie - To save my soul at any cost.

Bien sûr que la promesse de Chef était un mensonge, comment n’a-t-elle pas pu le voir avant ? Personne ne devrait promettre à une gamine orpheline qu’à partir de maintenant, elle ne serait plus seule. C’est le genre de chose qu’on ne peut savoir à l’avance. Sûrement Chef avait-il dit cela pour la convaincre de les suivre. Il n’aurait pas eu besoin, elle les aurait suivis de toute façon. Plus rien ne la retenait à Boston. Sauf qu’il lui a fait cette promesse et qu’Elizabeth s’y est accrochée. Et pendant un moment, Chef s’y est tenu. Liz n’a pas été la seule survivante que le groupe de militaire à récupérer. Grâce à Chef, d’autres ont pu être sauvés, des gens qui, en d’autres circonstances, auraient sûrement été abattus. Car tels était les ordres. Seulement, Chef n’a pas voulu avoir ces morts sur la conscience, alors il s’est rebellé. En cela, il est devenu le nouveau modèle d’Elizabeth. Elle le suivait partout et ne parlait qu’à lui. Les autres lui faisaient peur, elle n’avait pas forcément confiance. Avec Chef, c’était différent. Elle n’a jamais su son vrai nom. En fait, elle n’a pas appris grand-chose sur lui, avant qu’ils ne soient séparés. Ça s’est passé quelques mois après, peut-être même un an, Liz avait perdu la notion du temps. Suivant les recommandations de leur leader, le groupe a migré vers le sud, vers une terre moins hostile. Ils espéraient trouver autre chose que la désolation. Ca a finalement été le cas. Ils ont pu s’établir dans un camp de réfugiés en pleine ville. Un endroit mis en place par la milice, pour protéger les habitants des choses dehors. Choses qu’Elizabeth n’avait jamais pu voir. Chef voulait lui épargner l’horreur et les cauchemars. Et arrivé là-bas, il pensait qu’elle serait en sécurité. Il est resté avec elle, pendant un temps. Faisant office de figure paternelle pour une gamine qui manquait cruellement de modèles parentaux. Et puis, il a été affecté à une autre mission, plus au sud et, se confortant dans l’idée que Liz était à l’abri ici, n’a pas hésité à partir. A cet instant plus qu’à aucun autre, Elizabeth s’est sentie seule. Terriblement seule. Elle n’avait pourtant jamais été aussi entourée. Mais ils étaient tous des inconnus et Chef n’était plus là. Au final, Liz s’est faite toute seule. Une école de fortune aménagée lui a permis d’apprendre les bases, mais ce n’était pas encore le grand luxe des écoles militaires futures. Et quand il a été question de lui choisir une vocation, on s’est vite rendu compte qu’elle ne savait rien faire de ses dix doigts. Ah si, il y avait bien une chose qu’elle savait faire : danser. Ah ça, elle dansait comme personne. Alors on lui a trouvé un boulot à la hauteur de ses capacités. Elle a fini dans un bar désaffecté, à danser à moitié dénudée pour une bande de soldats en manque d’affection. On lui a dit qu’elle contribuerait ainsi à rendre le moral aux troupes. Un boulot important. Un job dégradant. Mais ça lui convenait. Ça lui convient toujours. Après tout, il n’y a pas meilleur boulot pour éviter d’avoir à finir seule, quand la nuit s’abat sur le camp. Ils sont nombreux à se bousculer pour obtenir un peu de son attention, à la gamine. Car c’est encore une gamine, à bien des points. Elle doit avoir dix-neuf ans, maintenant. Et comme beaucoup d’enfant paumé, elle fait des conneries, dans le seul but d’obtenir un peu d’attention. Elle vend son corps et son cœur au premier venu pour une nuit, une semaine, parfois même un mois. Certains sont des habitués, qu’elle croit aimer passionnément. D’autres ne sont que de passage et elle les aime le temps d’un instant. Et puis, il y a Ethan. Avec lui, c’est différent. Elle l’aime, Ethan. Ou du moins, elle s’en persuade. Et pourtant, c’est le mauvais gars. Le genre à vous attirer des ennuis rien qu’en vous adressant la parole. C’est un trafiquant. Il vit du troc qu’il fait avec l’extérieur. Parfois, il s’absente pendant des semaines et Elizabeth le pense mort. Mais il revient. Il finit toujours par revenir. Et il a toujours quelque chose pour sa darling. Ce soir ne fait pas exception. « Tu vas voir, darling, ça va te faire oublier tous tes soucis. » qu’il explique à Liz en lui tendant un sachet de petites pilules blanches. Evidemment, la demoiselle est prudente, elle veut d’abord connaître la provenance de ces pilules magiques. Seulement, comme toujours, Ethan reste évasif et la danseuse n’insiste pas. Elle a seulement besoin de s’évader. Alors elle en prend une et en un instant, elle oublie tout. Elle oublie même la situation horrible dans laquelle l’humanité se retrouve. Sauf que ça ne dure pas. Un moment, elle est dans un autre monde et l’instant d’après, elle se retrouve brutalement happée dans la réalité. Elle entend avant de voir. « … pris la main dans le sac, je n’y croyais plus. » Elle ne reconnaît pas la voix, mais celle-ci est dure, grave, c’est celle d’un homme. Et puis elle voit. Ethan lui fait face et n’a pas l’air aussi assuré que de coutume. L’autre type lui tourne le dos, cependant, elle croit reconnaître un des habitués du bar. Un membre de la milice. Non. Plutôt un ripou à la solde d’un autre trafiquant. « Ecoute Freddy, on peut s’arranger… » « S’arranger ? Alors que tu nous voles nos coups depuis trois mois ?! Non, je crois que le temps des arrangements est passé depuis longtemps. » Il ne plaisante pas, Elizabeth peut le voir dans le regard de son compagnon. Il se sait au pied du mur. La demoiselle se relève alors difficilement. « N’y pense même pas. » Pendant une seconde, elle pense qu’il l’a entendu. Non, il a juste remarqué la tentative ratée d’Ethan de s’emparer de son arme. Et du même coup, il a dégainé la sienne. Cette vision, ainsi que les propos de Freddy qui suivent, menaçant la vie du compagnon de Liz, forcent celle-ci à agir d’instinct. Elle refuse qu’on fasse du mal à Ethan. C’est inconcevable. Alors, sans hésiter une seconde, elle se jette sur Freddy et s’agrippe à lui comme une moule à son rocher. Celui-ci se débat pendant un moment, il va même jusqu’à plaquer son dos –et Elizabeth, toujours accrochée, du même coup- contre le grillage. Elle sent alors la douleur la transcender tandis que la ferraille s’enfonce dans sa chaire. Néanmoins, elle tient bon. Assez longtemps pour qu’Ethan se charge du bougre. Alors que Liz est toujours agrippée, il n’hésite pas une seconde à dégainer son arme pour tirer sur Freddy. Ce dernier tombe aussitôt. S’il est mort, la jeune femme l’ignore. Elle n’a pas le temps de vérifier. Ethan lui prend la main : « Il faut qu’on se tire ! » lui dit-il, paniqué. Elizabeth hésite. Si par « se tirer », il entend fuir le lieu du crime, elle est d’accord. Mais il lui semble plutôt que ce qu’il veut, c’est partir du camp. Est-elle seulement prête à aller à l’extérieur ? Et ces choses qui s’en prennent aux gens ? Non, c’est sûr, elle ne tiendrait pas trois jours. Et pourtant, il lui suffit d’entendre les propos d’Ethan pour être convaincu : « Si tu viens avec moi, je te promets, darling… je te promets que tu n’auras plus jamais à offrir ton corps pour survivre. » Et à cette promesse, comme à la précédente, la naïve gamine y croit. Elle y croit dur comme fer. Pourtant, là encore, ce n'est qu'un mensonge. Le second, mais pas le dernier.


Seconde partie - I only love it when you touch me, not feel me.

Évidemment que la promesse d’Ethan n’a été qu’un mensonge de plus. Comment aurait-il pu en être autrement ? Ethan est un trafiquant, mentir, doubler les autres ; voilà sa spécialité. Et il n’a pas attendu longtemps avant de le prouver à sa chère et tendre. En fuyant de la ville, ils ne sont pas allés bien loin. La blessure d’Elizabeth, causée par sa rencontre avec le grillage, était infectée, ce n’était pas beau à voir et encore moins à supporter. Ils ont donc dû s’arrêter, à plusieurs reprises. La chance leur a finalement souri, lorsqu’ils sont tombés sur un groupe de survivants avec qui Ethan faisait du troc parfois. C’était des voyageurs, des gens qui refusent de se mêler aux autres et encore moins à la société. Néanmoins, ils ont accepté de faire une exception, de prendre les deux fuyards dans leur groupe et de soigner la pauvre danseuse. Tout ça, sans rien en échange que la promesse de participer à la survie du groupe. C’était dans leur corde ou au moins, dans celle d’Ethan. Elizabeth, elle, se contentait d’aider à la préparation des repas, un rôle qui, bien que sexiste, lui convenait à merveille. La nuit, il lui est arrivé de danser pour le groupe, pour leur faire oublier, l’espace d’un instant, la situation précaire dans laquelle ils vivaient. Malheureusement, on dit que toutes les bonnes choses ont une fin et cette fois-là n’a pas fait exception. Ce soir-là, alors que le groupe est endormi, que tout semble calme, Elizabeth se réveille en sursaut, dérangée par un bruit. Elle a toujours eu le sommeil léger, un traumatisme de cette fameuse nuit où la vie de tout le monde a été chamboulée. Généralement, elle voit ça comme un poids. A quand remonte sa dernière nuit complète ? Elle l’ignore et évidemment, ça finit par se ressentir. Elle est plus susceptible que jamais, ces derniers jours. Et tout aussi parano. Si bien qu’elle décide de ne pas prêter attention à ce bruit entendu, pensant avoir halluciné. Pour autant, une envie pressante se fait sentir, si bien qu’elle se retrouve rapidement éloignée du groupe. Elle ignore, à ce moment précis, que c’est ce qui va lui sauver la vie. Alors que le noir de la nuit l’empêche de bien voir, elle percevoir à nouveau un son. Puis un autre. Et bien vite ce sont des bruits de pas rapides qui se font entendre. Liz songe d’abord à un des rôdeurs, mais les cris qui les accompagnent lui démontrent son erreur. Ce sont des hommes. Des hommes armés et visiblement peu décidés à discuter. Ethan lui en a déjà parlé, ce sont des chasseurs. Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, ils ne chassent pas les animaux, non. Ce sont eux, les animaux et ce qu’ils chassent, c’est l’Homme. Et ce soir, leur proie, c’est le groupe d’Elizabeth. Bien entendu, les pauvres n’ont pas le temps de réagir. C’est un véritable massacre. A la lueur des torches qu’ils possèdent, Liz distingue parfaitement la scène. Ces types ne demandent rien, ils pillent, saccagent et tuent sans le moindre scrupule. Et si elle écoutait son instinct de survie, Elizabeth prendrait la fuite. Mais elle en est incapable. Pas avant d’avoir vu Ethan. En vie ou même mort. Cette pensée lui glace le sang et pourtant, elle se doit de la concevoir. Les chasseurs ne font pas de prisonniers. Ou bien, Ethan avait-il tort ? Car, une fois le massacre perpétré et le calme revenu, le groupe de mercenaire s’éparpille en quête de trésors. Pas de survivants, ils pensent les avoir tous éliminer. Liz n’a toujours pas bougé, elle cherche du regard l’homme qu’elle aime, en vain. Au final, c’est un autre homme qui la trouve et lui attrape le bras avant qu’elle n’est le temps de réagir. « Eh y en avait une cachée, boss ! » qu’il crie, attirant les regards de tous ses camarades. Parmi eux, un type un peu plus imposant interpelle Elizabeth. Ce n’est pas tellement son physique qui en impose, mais plutôt le charisme qu’il dégage sans même avoir à dire quoi-que-ce-soit. Bien vite, il s’approche et la jeune femme comprend qu’il s’agit dudit boss. « On en fait quoi, Silas ? » Elizabeth ne bouge pas, tandis que le fameux Silas l’inspecte. Il semble réfléchir à toute vitesse, ce qui est bien plus surprenant quand on sait qu’on a toujours dépeint à la danseuse les chasseurs comme des abrutis finis. Visiblement, ce type n’en est pas un. « C’est quoi ton nom ? » Il s’agit probablement de la question la plus anodine à laquelle elle aura à répondre, dans ce qui semble être un futur interrogatoire. Car Silas semble la considérer, il attache de l’importance à son sort. Alors à cette question, elle ne devrait pas avoir à réfléchir. Et c’est le cas. Elle ne réfléchit pas, lorsqu’elle répond presque agressivement : « Skye. » Oh ce n’est pas son vrai nom, mais ça, il ne le sait pas. Il ne le saura jamais. Car à présent, c’est par ce pseudonyme qu’elle se fera appeler. Exit Elizabeth, la pauvre petite danseuse minable sans caractère. Hello Skye, comme l’une des jeunes femmes du groupe au tempérament de feu. « Eh bien, dis-moi, Skye, tu sais te battre ? » Voilà la première véritable question de cet interrogatoire. Et celui-ci promet d’être particulièrement long.

*****

Et long, il l’a été. Après tout, il était question d’une vie, ce n’est pas rien. Est-ce que Skye méritait de survivre ? Visiblement, ça a été le cas. Pas pour ses compétences, en tout cas. Elle n’a pas menti, lorsqu’il a été question de savoir se battre ou de soigner les blessures. Elle était bien incapable de l’un comme de l’autre. En soi, elle ne servait pas à grand-chose dans un groupe composé principalement d’hommes, des brutes sans cervelle un peu trop douillettes qui pensent mourir à la moindre coupure. Elle savait bien cuisiner ou du moins, elle se débrouillait, mais pour ça, ils avaient déjà celui qu’on surnomme « Papa Ours » pour des raisons évidentes : il fait facilement deux mètres et pèsent bien cent-trente kilos, au moins. C’est un gros bébé, comme on dit. Autant dire que Skye n’a pas eu très envie de se frotter à lui, lorsqu’il a été question de préparer les repas. Même si, dans le fond, Papa Ours est probablement le plus gentil de la bande. Il ne participe d’ailleurs jamais aux raids, avouant qu’il n’aime pas la violence gratuite. Un autre point commun que les deux partagent. Et une autre raison de ne pas accepter Skye dans leur groupe. Alors au final, qu’est-ce qui a fait pencher la balance ? Pourquoi la danseuse est-elle encore en vie ? Oh, la réponse est si évidente. Silas est un homme. Tous les hommes sont faibles face à la beauté d’une femme. Ils le sont encore plus quand les seuls contacts qu’ils ont avec elles impliquent généralement une réaction non-consentante de leurs partenaires. En ça, Skye n’a pas été stupide. Elle a bien compris qu’une fois de plus, son corps serait sa clé de survie, contrairement à ce que lui avait promis Ethan. Ethan le fuyard dont le corps n’a jamais été retrouvé. Et pour cause, il s’est barré au premier son, sans demander son reste. Laissant sa « darling » aux mains d’un groupe de chasseurs avide de son corps. Car ils le sont tous, elle le voit bien. Néanmoins, il n’y en a qu’un seul qui a le droit de la toucher. Dès qu’il a été question de la garder dans le groupe, elle est devenue sa propriété. Et s’il y a bien une règle que tous suivent à la lettre, c’est celle qui interdit quiconque de s’approprier ce qui appartient déjà à un autre. Le seul moment où ils peuvent se permettre un contact avec celle qu’ils surnomment « la poupée du boss », c’est lors des entraînements. Oui, car la demoiselle ne sert pas qu’à faire jolie. Silas a bien l’intention de l’emmener à un raid, prochainement. Quand bien même Skye ne le voudrait pas. Et pour ça, il la prépare du mieux qu’il le peut. En cela, Silas se démarque des autres hommes qu’elle a côtoyés. Lui, au moins, lui est utile. Il lui apprend des choses qui pourront toujours lui servir, si jamais elle se retrouvait à nouveau seule. Des choses comme savoir utiliser une arme à feu correctement ou se battre, que ce soit avec une arme blanche ou seulement avec ses poings. Evidemment, elle n’est pas très forte et Silas lui a bien fait comprendre qu’elle n’aurait pas le dessus sur un assaillant comme lui ou Papa Ours. Néanmoins, il y a des techniques pour parvenir à ses fins. Ils appellent ça des coups-bas. Employer la ruse sur la force. Par exemple, on lui a conseillé de toujours garder un petit objet contondant à portée de main, pour qu’elle puisse le planter au bon moment dans la chaire de son assaillant lors d’un combat. Et puis, elle a également un avantage naturel, c’est sa souplesse. Si certains se moquent d’elle, parce que sa façon de combattre leur rappelle plus une chorégraphie qu’autre chose, Silas, lui, est capable d’en reconnaître les vertus. En se battant comme elle danse, Skye esquive mieux que les autres et peut gérer plusieurs assaillants en même temps. Et au final, grâce à ce groupe, elle apparaît bien moins nulle en combat que fut un temps. Elle pense même pouvoir survivre seule, si elle y était amenée. Alors qu’avant, cela lui semblait impossible. Cependant, il ne faut pas s’y méprendre, la vie parmi les chasseurs n’a rien d’une partie de plaisir. Surtout quand vient la nuit. Si elle ne participe pas encore aux raids, elle finit toujours par en entendre un peu trop à leur sujet. Parce qu’ils n’ont que ça à faire que de se vanter des viols et meurtres perpétrés sur de pauvres âmes qui n’ont pas eu la même « chance » que Skye. Il n’y en a qu’un dans le lot qui refuse d’en parler, c’est Aiden. Il est jeune, peut-être même plus que Skye et est tout aussi paumé qu’elle. Il s’est retrouvé dans le groupe un peu par hasard et il se sait condamner à y rester pour survivre. Mais c’est un mal pour un bien, car sans ça, la jeune femme ne l’aurait pas rencontré. Aiden étant le protégé de Papa Ours, il est souvent affecté à la préparation du « repas », si on peut appeler ça ainsi, tout comme Skye. A force, les trois ont développé une relation particulière. Enfin, surtout Aiden et Skye, à vrai dire. Sous le regard bienveillant du cuistot, ces deux apprentis ont commencé lentement à tomber amoureux l’un de l’autre. Une idylle qui, malheureusement, leur est proscrite. Parce que, quand vient le soir, c’est bien la couche de Silas que Skye partage. Et s’il est bel homme et loin d’être stupide, elle n’oublie pas que c’est lui qui a choisi de faire mener une telle vie aux abrutis qui lui servent d’hommes de main. Pour ça, elle ne pourra jamais l’aimer. Elle le sait, Aiden le sait et surtout, Silas le sait. Il ne lui en tient plus rigueur, cependant. Il a cru, pendant un temps, qu’il lui faudrait du temps, mais qu’elle finirait par ressentir de l’attachement pour lui. A présent, il sait que ça n’arrivera pas. Et s’il ne le savait pas, il l’apprendra de la manière forte. Car ce soir-là, il en a été décidé ainsi par les deux amants. S’ils ne peuvent pas survivre et s’aimer, alors ils ne feront que s’aimer. Ils fuiront les chasseurs jusqu’à n’en plus pouvoir, ils joueront les amants maudits et connaîtraient une fin tragique. Mais au moins, ils se seraient aimés. C’est la raison pour laquelle Skye est éveillée, cette nuit. Elle attend le signal. Tout est prêt pour leur départ. Papa Ours est celui en charge de la garde, ce soir. Il les laissera passé et retiendra les autres aussi longtemps qu’il le pourra. Quant à leur moyen de fuir, disons que tant qu’à désobéir à la première règle, Aiden a décidé de le faire jusqu’au bout : il prendra la moto de Silas en plus de prendre sa « poupée ». Et ils rouleront jusqu’à être assez loin pour ne plus avoir à s’inquiéter d’être rattrapés. C’est du moins ce qui est prévu. Skye entend alors le signal, s’extirpe discrètement de la caravane où Silas et elle se sont installés pour mieux rejoindre les bras d’Aiden. Et là, dans le silence de la nuit, alors qu’il s’apprête à fuguer, Aiden ne peut s’empêcher de lui faire une promesse : « Je te promets, Skye, qu’à partir de maintenant, plus rien ne nous séparera. Jamais. » Et évidemment, la demoiselle y croit, à ce mensonge de plus.


Troisième partie - We are not alive, we are surviving every time.

Il aura fallu quelques semaines tout au plus pour la promesse d’Aiden s’avère être un mensonge. Des semaines pendant lesquels, les deux fugitifs n’ont eu de cesse de vivre dans l’angoisse d’être retrouvés par le groupe. C’est bien simple, même les rôdeurs leur faisaient moins peur que les chasseurs. Au final, Skye se dit même qu’ils auraient sûrement préféré tomber sur une horde de claqueurs plutôt que d’avoir à affronter la colère de Silas. Celle-ci leur aurait été sûrement fatal, si Aiden n’avait pas décidé de se la jouer cavalier seul. Un soir, il a juste déposé un baiser sur le front de la jeune femme, lui a dit qu’il l’aimait, qu’il savait qu’elle survivrait sans lui et est parti. Ça n’a pas été comme avec Ethan, cependant. Il n’a pas fui pour laisser Skye à la merci de Silas et ses hommes. Non. Il a pris la moto et a fait en sorte de laisser le plus de traces possibles. Il a tout fait pour éloigner les chasseurs de la position de celle qu’il aimait. Et éventuellement, ça a fonctionné. Si Skye s’est retrouvée seule, elle a au moins eu l’avantage de ne plus vivre dans l’angoisse. Du moins, pas à cause des hommes. Les rôdeurs, eux, étaient toujours au rendez-vous, bien entendu. Pour autant, elle en avait moins peur. Elle savait qu’elle pouvait s’en défendre. C’était les hommes qu’elle craignait. Néanmoins, qu’elle le veuille ou non, il restait un peu de la gamine naïve en elle. Elle voulait faire confiance aux autres, elle voulait croire que l’Homme n’était pas capable que du pire. Et ainsi, elle a bourlingué pas mal, en quête d’une nouvelle idylle à vivre. Ça a été comme ça pendant six ans. Une sorte de paterne de rencontres s’est formé autour d’elle. Toujours la même rengaine. Elle rencontrait des gens qui l’acceptaient, elle tombait amoureuse (bien souvent de la mauvaise personne) et finissait inexorablement par se retrouver seule. Ça a été ainsi quand elle est retournée vers Boston, sa « terre natale », que la milice l’a prise sous son aile, sous-prétexte qu’elle savait plus ou moins recoudre les gens (les joies d’avoir passé une période avec des dingues de la gâchette), qu’elle est tombée amoureuse d’un des soldats avant que celui-ci ne parte en mission et ne revienne jamais, la poussant à fuir l’endroit, parce qu’elle refusait d’affronter la vérité. Ça a également été le cas quand elle a fait la rencontre d’un trafiquant qui lui promettait monts et merveilles si elle le suivait et qui a fini par l’abandonner au milieu d’un motel tout pourri. Motel dans lequel elle a dû tuer son premier coureur, une gamine infectée qui avait encore l’air si humain que ça en faisait peur. Déjà là, après ce « meurtre », elle a pu sentir une part d’elle s’éteindre. Même si elle refusait de l’admettre. Et puis, le paterne est également apparu avec le dernier groupe qu’elle a rencontré. Pourtant, rien ne les prédestinait à connaître un sort aussi terrible. Cela faisait même plusieurs mois qu’elle voyageait avec eux. Un groupe de survivants nomades qui pensaient que la sédentarisation était le meilleur moyen d’attirer les rôdeurs. Autant dire qu’avec eux, Skye a vu du pays. Et puis, elle a appris tant de choses. L’une des membres ayant été médecin dans une autre vie, elle a plus ou moins prise sous son aile l’orpheline de vingt-sept ans pour lui apprendre les rudiments de la médecine. Et ce qu’elle ne lui apprenait pas, Skye l’a découvert dans les bouquins trouvés sur la route. Evidemment, avec eux, elle a également connu l’idylle qu’elle cherchait, en la personne de Jason. Garçon charmant et cultivé, bien sous tous rapports, ancien enseignant dans une école militaire de la FEDRA et passionné de bandes-dessinées. Il était gentil et pour une fois, Skye aurait bien voulu d’un garçon gentil dans sa vie. Malheureusement, tous ceux qu’elle aime finissent par l’abandonner, vous n’avez pas oublié, n’est-ce pas ? Il a fallu que ce soit le cas, une fois encore. Cette fois, ça n’a pas été la faute des hommes, cela dit. Ca a juste été une erreur de calcul de leur part. Comme quoi, sédentarisation ou pas, on finit toujours par se faire rattraper par les infectés. L’attaque surprise de plusieurs claqueurs en a été la preuve. Ils les ont entendus avant de les voir. Ca sûrement été pire. Le bruit produit par ces créatures a causé un mouvement de panique dans le groupe. Bousculades et autres coups-bas ont été les bienvenus. Tout pour fuir. Tout pour survivre. Evidemment, ça n’a fait que de faciliter la tâche de ces créatures. De son côté, c’est Jason qui a trouvé Skye. C’est lui aussi qui lui a conseillé de se cacher. « Ils sont aveugles, Skye. Si tu ne fais pas de bruit, ils ne te trouveront pas. » lui a-t-il expliqué, dans la panique générale. « J’ai déjà eu à faire à eux avec mon ancien groupe. Juste… fais-moi confiance. » C’est beaucoup demander à la fille qui, de promesses en promesses, s’est toujours retrouvée déçue. Pour autant, elle a accepté de lui faire confiance. Et elle a eu raison. Tandis qu’elle entendait les autres se faire massacrer, elle, bien cachée, n’a pas été inquiétée. Elle est restée un moment sans bouger, les mains sur ses oreilles pour couvrir les cris d’horreur, la tête plaquée contre ses genoux remontés, pour ne rien voir de la scène. En fait, elle serait sûrement restée ainsi encore bien longtemps. S’il n’y avait pas eu Elijah. Avec le recul, elle trouverait sûrement ça étrange, qu’il soit arrivé pile au moment où les claqueurs partaient. Néanmoins, sur le moment, elle n’a vu en lui que son sauveur. « Bon sang, y en a une qui a survécu ! » a crié l’un des hommes d’Elijah, rappelant étrangement à Skye une autre scène, vieille de six ans. Oui, la scène a été la même. Tout comme Silas, Elijah s’est approchée pour demander à l’ancienne danseuse son nom. Et tout comme les autres hommes que Skye a rencontré avant ça, il n’a pu s’empêcher de lui faire une promesse. « Eh bien, Skye, si tu acceptes de venir avec mon groupe et moi, tu ne vivras plus jamais une telle situation. Avec les enfants de Salem, tu n’auras plus jamais à avoir peur, je te le promets. » Et évidemment, parce que la situation s’y prêtait, Skye y a cru, à cet énième mensonge. Elle a bien vite été déçue.


Quatrième partie - Take my all, I surrender, surrender!

La promesse d’Elijah aura sûrement été la pire de toutes celles entendues au cours de ces dernières années. Skye aurait dû s’en douter, pourtant. A qui peut-on promettre une vie sans crainte, quand les temps sont si dangereux ? Même le meilleur des campements ne pourra jamais vous protéger éternellement. Il y aura toujours un moment où les choses tourneront mal. La demoiselle l’a appris à ses dépens, durant ses années de survie. Et dire que c’est une survivante serait un euphémisme. Attaques d’hommes ou attaques d’infectés, elle semble avoir connu le pire et s’en être toujours sortie. Dommage que son histoire s’arrête-là. Car c’est bel et bien la fin. Là encore, elle aurait dû s’en douter. En rejoignant les enfants de Salem, il n’y a pas beaucoup de choix qui s’offre à vous. Soit vous acceptez de suivre le culte, vous vous intégrez et tout se passera pour le mieux pour vous. Soit vous refusez et vous devenez la cible à abattre. Et Skye a choisi le second chemin, bien plus dangereux. Pas parce qu’elle aime jouer avec sa vie, c’est bien à tout le contraire qu’elle aspire. Plutôt parce que jamais, elle ne pourrait trahir ses croyances juste pour la survie. C’est peut-être la seule chose qu’elle refuse de vendre au diable. Son âme. Elle a donné son corps et son cœur bien volontiers, pour vivre un peu plus longtemps dans ce monde de fou. Mais son âme est toujours restée plus ou moins intègre. Et rejoindre un tel culte, renié le Dieu avec lequel elle a grandi, celui auquel elle a toujours cru… ça ne fait tout simplement pas parti de ses plans. Elle savait pourtant, en refusant d’entrer dans le jeu d’Elijah, que cela la conduirait à une mort certaine. Peut-être a-t-elle cru que son corps suffirait, comme il a toujours suffi jusqu’à présent. Et pendant un temps, peut-être a-t-il joué un rôle dans sa survie. Après tout, elle est restée plusieurs semaines, des mois mêmes, avec les enfants de Salem, sans avoir à rejoindre leur culte. Pourtant, les réfractaires devenaient bien vite des sacrifiés pour le dieu que vénérait la secte. Pas Skye. Il n’avait pas été question de la faire devenir un sacrifice. Ou du moins, il n’avait pas encore été question d’une telle chose. Et aujourd’hui, attachée à ce poteau, condamnée à brûler vive pour ses « péchés », Skye ne sait jamais sentie aussi bête. Bien sûr que la sécurité ne lui serait plus assurée, au bout d’un moment. Bien sûr qu’Elijah finirait par perdre patience, par la délaisser au profit d’autres filles, plus enclines à se faire laver le cerveau. Elle aurait dû s’enfuir tant qu’elle le pouvait encore. Quand elle avait la confiance du leader. Mais non. Sa peur de l’extérieur l’a empêché d’avoir les idées claires. Car vivre sous la coupe d’un homme à moitié fou était tout de même mieux que d’avoir à affronter l’extérieur. Cet extérieur rempli de fous furieux, d’infestés et d’hommes prêts à vous briser le cœur. Oh oui, c’est sûr qu’être sur un bûcher, prête à brûler vive, est bien moins dangereux que de retomber amoureuse. Quelle idiote. Il n’y a pas d’autre mot. Skye est une idiote, elle en a toujours été une et sa mort en est la parfaite preuve. Car oui, c’est bel et bien la fin pour elle. Là, elle ne voit vraiment pas comment elle pourrait s’en sortir. Une intervention divine de ce dieu auquel elle s’est accrochée ? L’attaque surprise d’une horde ? D’un groupe de chasseurs ? Non, rien ne viendrait la sauver cette fois. Du moins, c’est ce qu’elle croit, tandis qu’elle entend les incantations sans-queue-ni-tête d’Elijah, ses yeux bandés l’empêchant de voir la scène, mais pas de l’imaginer. Et puis soudain, elle n’entend plus rien. Ce qui est assez étrange, parce que, pour avoir assisté à un sacrifice, une fois, Skye sait que les incantations sont longues. Bien trop longues, même. Et puis, il n’y a pas que ça de bizarre. Si c’est bel et bien la fin, pourquoi ne sent-elle pas l’odeur d’essence ? Pourquoi n’a-t-elle pas les pieds en feu ? Pourquoi n’a-t-elle pas encore mal ? La douleur aurait pourtant dû être insurmontable. Ce n’est pas le cas. « Bordel, il l’a bien attachée, ce con ! » s’écrie une voix derrière elle, tandis qu’elle sent ses liens se défaire. Une femme ? Non, une gamine plutôt. Skye est en train d’être sauvée par une gamine. Bien vite, le bandeau sur ses yeux tombe et l’ancienne danseuse découvre une scène à laquelle elle ne s’attendait pas. Elijah est au sol, blessé à la tête, mais sûrement pas mort. Et face à elle se tient une jeune fille, une ado de quinze ans tout au plus, qui la regarde en souriant légèrement. Elle est visiblement fière d’elle. Sauf que c’est impossible. Skye ne reconnaît pas cette gamine. Elle ne fait pas partie de la secte. Comment a-t-elle pu s’incruster au sacrifice ? Pire encore, comment a-t-elle réussi à assommer Elijah, qui est pourtant bien plus grand et plus fort qu’elle ? Impossible. Elle doit rêver. Elle doit être morte. Et puis, une autre voix se fait entendre, derrière elle. « Ellie, recule. » Ça sonne comme un ordre, mais Skye peut percevoir l’inquiétude dans la voix de l’homme qui s’est visiblement adressée à la jeune fille. Car c’est bel et bien un homme, aucun doute là-dessus. « Merde Joël, si elle avait été avec ce malade, elle serait pas attachée, prête à se faire carboniser. Pas vrai ? » La première phrase est pour le type, évidemment. La seconde, en revanche, semble être adressée à Skye. Cette dernière ne répond pas pour autant, encore perdue. La situation dans laquelle elle se trouve est ben plus étrange que ce qu’elle a vécu jusqu’à présent. Qui sont ces gens ? Que font-ils là ? Et surtout, pourquoi l’ont-ils sauvé ? « Eh ça va ?! » demande la dénommée Ellie, alors que Skye se sent partir, retenue par des bras solides. Des bras sur lesquels elle sait qu’elle peut se reposer. Néanmoins, le vertige passé, elle se remet vite sur pied et se décide à faire face à l’homme. Elle est aussitôt frappée par ce regard si dur. Pas de doute, cet homme est marqué par les aléas d’une vie bien difficile. Bien plus encore que celle de Skye. « Qui êtes-vous ? » se décide-t-elle finalement à demander, tandis que du mouvement se fait entendre un peu plus loin. « On fera les présentations plus tard. » remarque alors sèchement le dénommé Joël. « On doit partir. Tu sais te servir de ça ? » lui demande-t-il alors en lui tendant un pistolet. Skye se contente de le prendre et d’enlever la sécurité, lui prouvant par la même occasion qu’effectivement, elle sait s’en servir. « Bien, alors suis-nous, si tu veux vivres. » Cette fois, la promesse n’est pas énoncée comme telle et pourtant, l’orpheline peut tout de même la percevoir. La promesse de jours meilleurs. La promesse d’une vie sans fuite, une vie où elle serait intégrée et protégée. Une vie où elle ne serait plus seule. Elle le sent et elle veut y croire. Plus que jamais, elle veut y croire. Et pour la première fois, elle a bien raison.


Epilogue - And the sun will shine again.

Oui, Skye a eu raison de croire en la promesse silencieuse de Joël. Pour la première fois de sa vie, elle n’a pas été déçue. Au début, elle a pourtant pensé que c’était un mensonge de plus. Ça n’a duré que le temps d’arriver à la terre promise. Il y a eu la survie et enfin, son apogée. Le Sanctuaire. Un endroit de paix, un endroit où l’espoir a sa place. Pour une femme qui avait perdu la foi, l’espace d’un instant, se retrouvait dans un tel lieu semblait inconcevable. Et pourtant, elle le concevait. Elle le conçoit. En même temps, le contraire serait difficile. Après tout, elle a l’opportunité d’y vivre, dans ce havre de paix. Et depuis son arrivée, elle bénie chaque jour que Dieu fait d’avoir été sauvée par Joël et Ellie. Sans eux, sans leur intervention ce jour-là, elle n’aurait jamais pu découvrir les joies d’un réveil sans inquiétude. Ni même les nuits pleines passées loin de l’agitation de l’extérieur. Car oui, le sommeil de Skye est des plus reposants. Au début, bien sûr, ça a été dur. Trouver le sommeil après tout ce qui a pu lui arriver n’a vraiment pas été aisé. A vrai, plus rien n’était facile. Parler, s’ouvrir aux autres, leur faire confiance, les aider, s’intégrer… tout ce qui avait toujours été naturel chez elle ne l’était plus. Elle a dû le réapprendre. Heureusement, les gens du sanctuaire sont patients. Ils ont compris que Skye avait besoin de temps. Du temps pour s’adapter, pour reprendre sa vie là où elle l’avait laissée. Sauf que parfois, il vaut mieux être brusqué un peu, plutôt que d’attendre bien sagement que le mal-être passe. Et ça, Ellie l’a bien compris. Alors que Skye se complaisait dans son silence, c’est elle qui l’a poussée à s’ouvrir. C’est elle qui lui a ouvert la voie du rétablissement. Petit-à-petit, elle a accepté de s’ouvrir aux autres. De parler un peu avec eux. De leur montrer une part de son caractère. Elle s’est d’ailleurs spontanément proposée lorsqu’il a été question de trouver des soigneurs. Elle voulait trouver sa place ici. Elle voulait laisser une chance au Sanctuaire et à ses habitants. Et elle y est finalement parvenue. Elle s’est intégrée. Elle a réappris à faire confiance aux autres et leur a donné toutes les raisons du monde de faire de même avec elle. Elle s’est même liée d’amitié avec certains. Presque tout le monde l’apprécie, au final et c’est réciproque. Bien sûr qu’elle apprécie tous les membres du Sanctuaire, elle aime à trouver à chacun une qualité, au moins. Après tout, c’est grâce à eux qu’elle a retrouvé son optimisme d’antan. A eux, oui, et plus particulièrement aux leaders. Ellie et Joël. Elle voit en Ellie une petite-sœur qu’elle veut avant tout protéger, même si cette dernière lui a prouvé à plusieurs reprises qu’elle n’a pas besoin d’aide pour ça. Quant à Joël… ah avec Joël tout est si compliqué. Evidemment, Skye ne serait pas Skye sans quelques implications de son cœur dans son épanouissement. Il a fallu qu’elle tombe amoureuse, bien sûr. D’abord d’un regard. Le regard si dur d’un homme blessé par la vie. Un regard qui, pourtant, s’adoucit auprès des personnes qui lui sont chères. Surtout auprès d’Ellie. Mais parfois, Skye jurait l’apercevoir quand Joël la regarde. Ou bien n’est-ce là que son imagination ? Et puis, de ce regard, elle s’est détachée pour mieux se prendre d’affection pour le personnage. Ce n’est pas une question de physique, ça n’a rien avoir avec une quelconque attirance. Si Joël reste un bel homme, ce n’est pas pour cette raison que Skye s’est attaché à lui. C’est un tout. C’est son comportement protecteur avec Ellie, qu’il cache derrière une indifférence si peu crédible. C’est son humour noir, son éternel pessimisme qui amuse presque la rescapée. C’est son manque de tact, son côté bourru et parfois même un peu barré. C’est son charisme, qu’il nie avoir et pourtant, qui l’impose naturel comme leader auprès des autres. C’est son côté détaché qu’il emploie pour cacher à quel point il s’est impliqué dans le Sanctuaire et à quel point il est prêt à tout pour protéger ceux qu’il aime. Pour tout ça, Skye est tombée amoureuse de Joël. Oh bien sûr, il est loin de n’avoir que des qualités, il faudrait aveugle ou stupide pour le nier. A vrai dire, il est même aux antipodes de l’orpheline. Les deux se ressemblent autant que Jekyll ressemble à Hyde. Là où Skye n’est qu’amour et optimisme, Joël n’est que froideur et fatalisme. Pour autant, elle n’accorde aucune importance à tout ça. Après tout, ça ne se commande pas l’amour. Et le sien encore moins qu’un autre. Elle s’est éprise de lui c’est tout. Sauf que cette fois, c’est différent. Déjà parce que Joël n’est absolument pas intéressé, là où tant d’autres le seraient. Mais surtout parce qu’elle sait, elle sent, que ce n’est pas qu’une amourette de passage. Que son cœur est beaucoup trop impliqué dans l’affaire. Si bien qu’elle craint de ne jamais pouvoir s’en remettre, si jamais le leader venait à lui briser le cœur. C’est pourquoi elle ne lui dit rien. C’est pourquoi elle se contente de sourire quand elle le croire, comme elle fait avec n’importe qui. En fait, elle s’efforce d’être aussi naturelle avec Joël qu’avec tous les autres. Cependant, c’est loin d’être une réussite. Et au final, la seule personne qui ignore que Skye est amoureuse de Joël, c’est bien Joël.

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MessageSujet: Re: Skye Daily + She hides away like a ghost. Mar 3 Jan - 12:21
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MessageSujet: Re: Skye Daily + She hides away like a ghost. Mar 3 Jan - 13:16
The Last of Us
Skye jolie Skye, tu as vu, cette fois-ci tu peux arrêter de t'impatienter, nous y sommes !
Les portes sont ouvertes en grand et il n'y a plus qu'à s'amuser tous ensemble. Donc bienvenue jolie Skye !

Quant au prénom et à l'âge, aucun souci. Tu t'appropries le perso et tu l'étoffes à ta manière. friend
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MessageSujet: Re: Skye Daily + She hides away like a ghost. Mar 3 Jan - 22:10
Skye Daily
Ellie ! again C'est bon d'être de retour et de revoir les anciens. yep

TLOU (alias Jojo qui se cache derrière le compte du Dieu tout puissant haa ), oui nous y sommes. Comme je l'avais dit, il faut le voir pour y croire, eh bien là, je le vois et... c'est juste génial. again J'ai encore du mal avec les avatars à droite, mais l'est beau ce forum n'empêche. yee Ah la la, j'ai hâte de me relancer pleinement dans l'aventure avec vous. yep
Et tant mieux si ça ne pose pas de problème, je préfère m'en assurer, on sait jamais. lovv
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MessageSujet: Re: Skye Daily + She hides away like a ghost. Dim 8 Jan - 11:37
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TU ES VALIDEE




Mon éternelle amoureuse, quelle jolie histoire tu nous as conté là !

Toi qui disait avoir fais long, je trouve que ce n'est absolument pas désagréable car tu t'es appropriée le personnage et son histoire et franchement, j'adhère complètement.

Maintenant, tu connais la chanson donc n'hésite pas à aller provoquer Joel et retrouver Ellie, je suis certain qu'ils vont adorer ça.

Au plaisir de te lire.
Bonne installation dans notre monde chaotique que nous nous sommes choisis !


(c) Cruelly pour Never Utopia.

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MessageSujet: Re: Skye Daily + She hides away like a ghost.
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